Magazine PROF n°35
L'info
Dans la peau d’un élève « dys »
Article publié le 01 / 09 / 2017.
Depuis 2014, l’orthopédagogue Perrine Bigot permet aux visiteurs du Salon Educ de se mettre dans la peau d’élèves à besoins spécifiques.
Depuis le Salon Educ 2014, Perrine Bigot, orthopédagogue, anime des ateliers de sensibilisation aux troubles « dys ». Ce sera à nouveau le cas du 18 au 22 octobre, à Charleroi Expo. Explications.
PROF : Quels types de besoins spécifiques abordez-vous ?
Perrine Bigot : Chaque jour, j’anime quatre ou cinq ateliers, centrés sur la dyslexie, la dysorthographie/dysgraphie, la dyscalculie, les troubles déficitaires de l’attention et le haut potentiel.

Comment se déroulent les ateliers ?
Ils durent entre 20 et 30 minutes, et peuvent accueillir une cinquantaine de personnes. Je commence par un rapide point théorique, puis je mets les participants en situation. Comme il n’y a ni inscription ni réservation, il faut vraiment insister pour que les participants soient là dès le début, pour en profiter pleinement !
En une demi-heure, on ne peut pas faire le tour de la question !
Je suis persuadée que pour bien accompagner les enfants à besoins spécifiques, il faut les comprendre. Et pour bien les comprendre, il faut se mettre dans leur peau ! C’est pour ça qu’en moins de trente minutes, j’essaie d’apporter un petit bagage théorique, et surtout du ressenti. Mais ce n’est clairement qu’une mise en bouche.
À la suite de ces ateliers, j’ai énormément de demandes d’enseignants, futurs enseignants ou directions, pour intervenir dans les écoles. Au début je venais donner une conférence d’une heure/une heure et demie. Mais les mots, ça ne suffit pas ! Il faut vivre la situation…
Comment faites-vous pour mettre les participants en situation ?
Je trouve une stratégie pour qu’ils soient désarçonnés par rapport à leurs compétences. Dans les troubles « dys », il y a un problème d’automatisation de quelque chose. Pour ceux qui n’ont pas de trouble, ce « quelque chose » est effectué sans qu’il faille y penser.
Dans les ateliers, je mets les participants dans une situation telle qu’ils ont besoin d’une énorme concentration pour exécuter une tâche, et je leur fais faire plusieurs tâches simultanément. Ils se rendent assez rapidement compte que la double tâche est difficile pour tout le monde, « dys » ou pas ! Les tâches sont évidemment fonction de l’atelier. Par exemple écrire de la main gauche alors qu’on est droitier…
Constatez-vous une évolution dans la prise en compte des besoins spécifiques ?
Je remarque de plus en plus d’intérêt. On en parle souvent. Et on me demande très souvent des conseils pour des outils. Des outils, c’est chouette. La volonté d’aider y est. Mais avant de se focaliser sur les outils, est-ce qu’on a compris ce que vivent les élèves à besoins spécifiques ? Je crois que c’est indispensable pour les accompagner avec bienveillance…
Propos recueillis par
Didier Catteau
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