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Magazine PROF n°23

 


L'acteur 

Céline Gobert : « J'aime relever des défis »

Article publié le 01 / 09 / 2014.

Céline Gobert enseigne à des élèves sourds en intégration dans une classe primaire bilingue langue des signes/français, à l’Institut Sainte-Marie, à Namur.

PROF : Pourquoi le choix d’enseigner ?
Céline Gobert :
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu amener les enfants à découvrir, à poser des questions, à réfléchir. Contre vents et marées – mes professeurs m’orientaient vers les sciences et les maths –, j’ai fait des études d’institutrice maternelle à la Haute École Roi Baudouin, à Braine-le-Comte.

Et pourquoi enseigner à des élèves sourds ?
Parce que j’aime relever des défis. Ce qui m’a influencée ? Des stages dans l’enseignement spécialisé, une rencontre, à 14 ans, avec une personne aveugle et sourde qui arrivait à communiquer avec son entourage… J’ai fait une année d’orthopédagogie en haute école, puis une formation en langue des signes, en promotion sociale. Depuis huit ans, j’ai la charge d’une des classes bilingues créées par l’ASBL École et surdité, à la Communauté scolaire Sainte-Marie, à Namur.

Céline Gobert : « Le plus difficile, c’est d’adapter mon enseignement à des enfants sourds aux profils différents ».
Céline Gobert : « Le plus difficile, c’est d’adapter mon enseignement à des enfants sourds aux profils différents ».
© PROF/FWB

Vous y donnez tous les cours ?
Oui, sauf le cours de langue des signes donné par un maitre spécial et le cours de gym. J’enseigne les maths et l’éveil à quatre élèves sourds intégrés en 4e primaire. Je donne cours en même temps que la co-titulaire de la classe (puisqu’il s’agit de faire acquérir les mêmes compétences à tous) et je traduis les échanges entre tous les élèves.

Le français est enseigné à part car les méthodes ou l’ordre des apprentissages sont trop différents. Un exemple : les élèves entendants apprennent à conjuguer le présent et le futur en 3e et le passé composé en 4e. Mais ce dernier temps, ils l’utilisent naturellement dans le langage oral. Comme ce n’est pas le cas pour des enfants sourds, je leur apprends le passé composé en 3e.

Le plus difficile, c’est d’adapter mon enseignement à des enfants sourds aux profils différents. Il y a des oralisants qui maitrisent la langue orale et dont les implants auditifs fonctionnent bien. Mais leur surdité les empêche de percevoir certaines nuances, comme la terminaison de mots. Pour les mixtes, qui ne maitrisent pas bien le français et la langue des signes, il faut structurer la langue. Enfin, pour les signants, souvent nés de parents sourds, le français doit être appris comme une langue étrangère.

Pour s’adapter à chaque enfant, il faut doser en proportions variables la langue des signes, le Langage Parlé Complété (le français soutenu visuellement au niveau du visage pour aider à la lecture sur les lèvres) et le français langue étrangère.

Travailler au sein d’un tel projet suppose du travail en équipe…
Bien sûr. D’abord, pendant les heures d’éducation physique, les pauses de midi,… je travaille avec la co-titulaire, Élise Depiereux. Nous formons un couple pédagogique qui se construit dans la confiance mutuelle. Ensuite, une fois par semaine, les quatorze enseignants bilingues du fondamental se rencontrent et échangent sur des problèmes d’ordre pédagogique.

Cela permet l’évaluation régulière des enfants et de la méthode. Enfin, avec les enseignants du secondaire, nous participons une fois par mois à un groupe de recherche mis en place par les Facultés universitaires de Namur. Ce groupe réunit des personnes-ressources (locuteurs, professeurs de langue des signes, interprètes). Nous y apportons les questions linguistiques rencontrées dans notre pratique quotidienne. Par exemple comment exprimer le conditionnel présent en langue des signes.

Ce qui vous plait dans ce métier ?
C’est qu’on est dans la remise en question permanente. Et puis, cela fait plaisir de voir les enfants sourds devenir bilingues, communiquer, se construire en fonction de leurs capacités et de leurs limites, être reconnus et respectés. Les entendants les côtoient naturellement et peuvent même apprendre la langue des signes lors d’activités parascolaires.

Propos recueillis par
Catherine MOREAU

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