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Magazine PROF n°43

 


Focus 

On part en forêêêêt !!!!

Article publié le 02 / 09 / 2019.

Dans le cadre d’un projet pédagogique centré sur l’observation de la nature, la classe des jardiniers, à l’École maternelle de la Marolle, passe chaque semaine une journée en forêt.

Dans l’espace ouvert qui jouxte les locaux de classe, des roses trémières fleurissent déjà ; des petits pois enroulent leurs vrilles autour de tuteurs. Poussant la grille du jardin, Gaspard et Paola vont étrenner la cabane en bois qui vient d’être construite, avec la collaboration de parents.

© PROF/FWB

À deux pas, un potager, des pommiers, des vignes qui colonisent un mur, un poulailler où caquètent deux grosses poules, des nichoirs pour les oiseaux, un hôtel à insectes… Et une mare, récemment creusée elle aussi, qui accueille déjà quelques libellules pionnières. « Il y a aussi des lentilles d’eau », racontent les deux enfants.

Les grands épaulent les petits

Mais ce jeudi de juin, c’est « journée en forêt » pour les enfants de cette classe verticale (de la 1re à la 3maternelle) d’une école située à deux pas de la Place du Jeu de Balle, au centre de Bruxelles. Chaussés de bottes, sac au dos, Milo, Automne, Youssef, Nicolas, Hafsa et les autres gagnent la forêt de Soignes en car.

Une balade ponctuée d’observations de plantes, d’arbres et d’animaux mène vers une zone de jeu. Là, les enfants, les enseignantes et quelques accompagnateurs déploient des cordes qui se transformeront en balançoires ou permettront aux petits aventuriers de se hisser au sommet des pentes.

D’un sac, ils extraient des casseroles émaillées qui accueilleront les écorces, feuilles et pommes de pin de futures recettes. Les enfants ramassent aussi de petits morceaux de bois ; ceux-ci, assemblés à l’aide de brelages, deviendront des figurines qu’ils habilleront avec des morceaux de tissu…

« Le projet de classe verticale, nous l’avons construit voici vingt ans, expliquent Cécile Hankenne et Cathy Doyen, deux des trois institutrices. Mélanger les âges stimule une démarche d’entraide des grands vis-à-vis des petits et l’émulation suscite souvent l’éveil et une plus grande autonomisation des plus jeunes. »

« En outre, travailler en duo ou en trio d’enseignants en classe, c’est plus constructif ; cela débouche sur un échange d’idées permanent. Ne voyant pas les élèves ou les situations de la même manière, nous pouvons être plus attentives aux besoins de chaque enfant. Concrètement, nous prévoyons des activités de manière globale et nous les adaptons au fur et à mesure, en fonction des âges des élèves. Avec eux, nous lançons des projets. Ils rebondissent, puis nous aussi. »

La forêt comme thème conducteur

Les institutrices ont construit le projet autour de l’observation de la nature, en s’inspirant de l’approche éducative du pédagogue italien Loris Malaguzzi, développée dans sa ville de Reggio Emilia. Cette méthode met l’accent sur le fait que les enfants apprennent au quotidien en exprimant leurs découvertes par les cent langages (mots, images, jeux de rôles, dessin, musique, rêve, imagination…).

« Chaque année, nous choisissons un thème secondaire, la forêt constituant notre thème conducteur, expliquent-elles. Ainsi, l’an dernier, la classe des jardiniers a observé les insectes.

Cette année, c’est au tour de l’arbre. Des promenades quasi hebdomadaires en forêt – par tous les temps – ont permis de l’observer au fil des saisons. Dans ce grand laboratoire à ciel ouvert, les enfants ont engrangé mille questions : pourquoi les feuilles changent-elles de couleur, pourquoi tombent-elles ? Qui profite, durant l’hiver, de ce tapis de feuilles en décomposition ? Les bourgeons sont-ils tous pareils ?...

Chemin faisant, ils ont découvert les hélices du fruit de l’érable, gouté les faines du hêtre… À la fin de l’hiver, un arbre géant abattu par une tempête a fourni un excellent terrain de recherche.

En classe, les glands germés, observés en forêt, ont mené vers d’autres graines de tailles et de couleurs différentes : des poivrons, des butternuts ont poussé dans le potager. En septembre, les enfants en verront le résultat. « Tout est fait pour que le jardin soit, comme la classe, un endroit où l’on peut manipuler, planter, observer, peindre, jouer… », conclut Mme Hankenne.

En outre, durant cette année, dans le cadre d’un projet La culture a de la classe, subsidié par la Commission communautaire francophone, des animatrices du Centre chorégraphique Charleroi Danses ont accompagné les enfants en forêt. Puis elles les ont invités à exprimer par le mouvement les sensations ressenties en ville et au cœur d’un espace forestier (« on n’y voit pas la même chose, on n’y marche pas de la même façon…»).

La forêt, un grand laboratoire et une plaine de jeu à ciel ouvert.
La forêt, un grand laboratoire et une plaine de jeu à ciel ouvert.
© PROF/FWB

Mme Hankenne le précise encore : un blog permet de communiquer avec les parents, de leur montrer le lien entre différentes activités des jardiniers.

Une excellente motricité

Les résultats ? Les enseignantes l’assurent : « Nos élèves sont curieux, observateurs et attentifs. En bougeant, en marchant, en sautant, en rampant…, ils développent également de l’agilité, de l’endurance et une excellente motricité ».

« Notre pari, à long terme, c’est qu’ils apprennent à apprivoiser la nature, à la respecter, à se forger un regard ouvert c’est-à-dire à dépasser des réactions instinctives ou apprises, devant les insectes, par exemple. Nous sommes persuadées que de ce qu’ils ont vécu dans cette classe durant trois années, il leur restera quelque chose dans leur vie d’adolescents, puis d’adultes. »

C’est le retour à l’école pour les jardiniers. Pieds, genoux et mains témoignent des activités réalisées au cœur des bois. Fatigués par cette journée au grand air, certains élèves se sont endormis dans le car. D’autres parlent déjà de l’exposition des maquettes de la ville et de la forêt qu’ils présenteront bientôt. Ou des bougies que plusieurs enfants, nés en juin, souffleront le lendemain, plantées sur un grand tiramisu préparé avec les œufs des poules et les fruits rouges du potager.

Catherine MOREAU

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