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Magazine PROF n°44

 


L'info 

La voix des enfants

Article publié le 06 / 12 / 2019.

Plus de 2000 enfants se sont exprimés sur leurs droits. Objectif : contribuer au Plan d’action relatif aux droits de l’enfant 2020-2024 du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 25 juin 2019. Célestine, élève de 4primaire à l’École Sainte-Anne, à Hastière, porte-parole de son groupe, était plutôt fière de s’exprimer devant des parlementaires, le ministre-Président, le Délégué général aux droits de l’enfant et une centaine d’enfants venus de Bruxelles et de Wallonie. Elle a proposé une piste pour contrer la violence entre enfants : placer dans la cour de récréation une cabane avec des coussins, des sacs de frappe, des balles en mousse… comme exutoires des tensions.

Le mercredi 27 novembre, Pénéloppe (9 ans), Romain (12 ans), Clémence (13 ans), Shaka (14 ans), Shaza (17 ans) et Lola (19 ans) ont rencontré la ministre de l’Enfance. Au nom des 136 enfants qui ont pris part à l’enquête qualitative du dispositif Nos droi
Le mercredi 27 novembre, Pénéloppe (9 ans), Romain (12 ans), Clémence (13 ans), Shaka (14 ans), Shaza (17 ans) et Lola (19 ans) ont rencontré la ministre de l’Enfance. Au nom des 136 enfants qui ont pris part à l’enquête qualitative du dispositif Nos droi
© PROF/FWB/Jean Poucet

La Convention internationale des Droits de l’Enfant, approuvée par l’Organisation des Nations Unies et signée voici trente ans par la Belgique, affirme que « les États garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant » (1).

Et le Comité des Droits de l’Enfant, chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention par les États, précise qu’il « devrait être tenu compte des opinions exprimées par des enfants lors de la prise de décisions, de l’élaboration des politiques et de l’élaboration des lois ou des mesures ainsi que lors de leur évaluation » (2).

Cela tombe bien : le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles doit élaborer le Plan d’action relatif aux droits de l’enfant 2020-2024. L’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse (OEJAJ) a donc mené une enquête auprès de plus de 2000 enfants et jeunes de 5 à 18 ans (lire ci-contre).

La cour de récré, théâtre de violence

Mais ce n’est pas tout : l’Observatoire a accompagné le volet quantitatif d’une enquête qualitative. Le bureau d’études Méthos et des artistes de l’ASBL Mus-e ont organisé des ateliers de parole et d’expression artistique dans six écoles (lire en pages 6 et 7). Objectif : recueillir le point de vue d’enfants vulnérables, moins facilement accessibles par le volet quantitatif de la consultation.

Les résultats ? Les enfants se sont exprimés sur des sujets liés aux besoins de base : bien-être sécurité, relations avec leurs pairs et avec les adultes qui les entourent.

La majorité, de tous les âges, ont évoqué des situations de violence entre enfants, souvent de nature physique et verbale chez les plus jeunes, davantage de nature psychologique (brimades, critiques, intimidations…) chez les plus âgés. Conscients des possibles conséquences désastreuses, ils souhaitent que cela cesse, même s’ils ne savent pas toujours comment y remédier.

Pour contrer cette violence dont la cour de récréation est souvent le théâtre, ils ont imaginé des pistes de solution. Par exemple, aménager la cour avec des espaces de détente, des jeux, des arbres ; nommer des « gardiens de paix » qui seraient des intermédiaires dans les disputes ; disposer de moyens pour signaler des problèmes de harcèlement en ligne… Et beaucoup souhaitent aussi être inclus dans la réflexion et dans les démarches mises en place pour résoudre les conflits.

L’enquête l’a montré aussi : dans des cas de harcèlement, les enfants ne rapportent pas volontiers les évènements à un adulte tiers, soit parce qu’ils ne se sentent pas suffisamment en confiance, soit parce qu’ils ont honte de lui parler de leur situation. Et les enseignants rencontrés avouent être souvent dépassés et avoir le sentiment d’agir de façon improvisée. Les outils et services à disposition ne sont pas assez connus et les écoles manquent de repères pour mettre en place une démarche structurée, intégrée dans le projet d’établissement.

Plus d’écoute, plus de dialogue

Par ailleurs, certains enfants estiment que les décisions prises à leur égard à l’école ne sont pas justes. Ils réclament plus d’écoute, de dialogue, de débat. Et le pouvoir de donner leur avis en cas de problème mais aussi quand il est question de leur orientation ou de leur avenir.

Le 27 novembre, les résultats de la consultation Nos droits, nos voix ont été communiqués à la Ministre de l’Enfance par une délégation des enfants qui y ont contribué, à charge pour elle de lancer l’élaboration du prochain Plan d’action en faveur des droits de l’enfant.

Catherine MOREAU

(1) https://www.ohchr.org/fr/professionalinterest/pages/crc.aspx
(2) https://www.right-to-education.org/fr/resource/comit-des-droits-de-lenfant-observation-g-n-rale-no12-le-droit-de-lenfant-d-tre-entendu
(3) http://www.oejaj.cfwb.be/index.php?id=20134

Sept jeunes à la barre

Un comité composé de sept jeunes de 8 à 19 ans a suivi le projet de A à Z, se faisant le porte-voix de la consultation auprès des pouvoirs publics et des médias. Réunis et coachés par le bureau d’études Méthos, ils ont participé aux réunions avec le comité d’accompagnement du projet et validé chaque choix méthodologique.

Ils ont notamment choisi les thèmes à approfondir lors de la phase qualitative. Le projet de participation a donc été élaboré pour et par les enfants. Avec l’objectif de nourrir le futur Plan d’action relatif aux droits de  l’enfant 2020-2024 avec des propositions directement inspirées par les jeunes.

Quand les mots deviennent formes et couleurs

Pour compléter l’enquête quantitative sur les droits de l’enfant, des ateliers d’expression ont été organisés dans six écoles.

À l’École Sainte-Anne, à Hastière, c’est Yanis qui se lance : « J’ai dessiné la violence entre les enfants avec des fusains et de l’encre de Chine rouge ». Eugénie et Ayleen enchainent : « On l’a aussi montrée en bougeant les bras, les jambes, avec les expressions du visage, un jour qu’on est tous allés dans les bois. »

Entre janvier et juin, dans six écoles, 136 enfants de 5 à 18 ans ont exprimé leur ressenti, leurs envies, leurs souhaits, leurs attentes au regard des droits de l’enfant, dans le cadre d’ateliers de parole et d’expression artistique.

À partir d’une présélection de thèmes par le comité des enfants en fonction des âges, chaque groupe a choisi, avec l’aide de l’enseignant, ceux sur lesquels il souhaitait s’exprimer. À Hastière, les élèves de 3 et 4es primaires se sont centrés sur la violence familiale et entre enfants. Lors d’une première séance en présence de membres du bureau d’étude Méthos, les enfants ont détaillé, par écrit, des situations de non-droit ; ils les ont lues ou ont confié ces messages à une boite dont le contenu resterait secret.

À l’École communale Trixhes 3 (Ougrée), une dizaine d’enfants souffrant de troubles du comportement (enseignement spécialisé de type 3) ont ajouté à ces deux thèmes le manque d’hygiène des toilettes scolaires. Avant de rêver à des solutions. « Ils ont imaginé de gérer à tour de rôle l’accès aux toilettes. Et de placer dans la cour de récréation une boite aux lettres pour signaler des cas de harcèlement », rapporte leur institutrice, Esmeralda Oviszach.

Exprimer les maux sans mots

Ensuite, à partir du ressenti des enfants, des artistes de l’ASBL MUS-E sont entrés en scène. « Certains enfants ne s’expriment pas facilement en classe devant leurs camarades ou devant les adultes. L’art peut dépasser ces freins, créer un espace de liberté et de plaisir, explique Catherine Scorier, responsable des projets francophones de MUS-E Belgium. Et les créations peuvent aussi être un outil de communication efficace pour porter la voix des enfants. »

Ainsi, sous la houlette de l’artiste plasticien Laurent Quillet, les élèves d’Hastière ont exprimé des difficultés de vie (solitude, rejet, violence) avec des couleurs sombres, au fusain ou à l’encre de Chine. Avant de passer à l’aquarelle, au pastel ou aux marqueurs de couleurs pour représenter des solutions envisageables.

Boris Magotteaux a proposé aux enfants de l’école d’Ougrée de coucher mots et formes choisis sur des feuilles de papier, puis de les peindre de manière intuitive. « Nous avons observé dans ces créations, une grande puissance expressive, une cohérence entre l’écrit et les couleurs, observe Mme Oviszach. Quand on ne demande pas aux élèves de verbaliser, l’expression devient moins scolaire, plus spontanée, plus sincère. »

Pour les 21 élèves de 5 et 6es secondaires de l’Institut Bischoffscheim, à Bruxelles, initiés à la création vidéo par Sophie Vanhomwegen, l’échange d’idées et d’astuces techniques a abouti à la création de quatre courts-métrages (1).

Des droits fondamentaux

Toutes ces créations visuelles et sonores ont été réunies dans une exposition présentée lors de la journée de débats, le 25 juin, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Mes élèves ont pu réfléchir sur leurs droits et leurs devoirs et se sont rendu compte que leurs droits sont plus fondamentaux qu’ils l’imaginaient », explique encore Mme Oviszach. Ils ont été impressionnés d’être invités au Parlement ; au retour, certains m’ont demandé : «Est-ce que les responsables politiques  vont tenir compte de ce qu’on a dit ? »

C. M.

(1) Disponibles sur le site http://www.oejaj.cfwb.be/index.php?id=20134

Un prix pour et par les jeunes

La Maison Source (1) a reçu le 23 novembre le 3e Prix belge des Droits de l’enfant au Parlement fédéral. Cette ASBL située à Barvaux accompagne les jeunes parents issus de milieux défavorisés dans les gestes du quotidien. Organisé par le Délégué général aux droits de l’enfant, l’ONG Plan international Belgique et le Kinderrechtencommissariaat, ce prix récompense une initiative qui a mis ces droits au cœur de son action. Il est décerné par vingt jeunes francophones et néerlandophones de 10 à 17 ans.

Perrine, en 2e secondaire au Collège Saint-Augustin, à Enghien, nous explique pourquoi elle a voulu faire partie du jury. « Auparavant, j’avais l’impression que c’était les adultes qui représentaient les droits des enfants. J’ai donc trouvé intéressant que notre parole soit prise en compte et puisse avoir des répercussions. »

PROF : Comment s’est déroulée la sélection ?
Perrine :
« D’abord, les organisateurs du Prix nous ont formés pour nous faire mieux connaitre ces droits (par des jeux, des activités, des discussions) et pour nous aider à déterminer les critères de sélection des lauréats. Puis, chacune des dix associations candidates a été présentée par un ambassadeur de moins de 18 ans, enthousiaste et motivé, qui a aussi répondu à nos questions. Nous avons choisi le lauréat au 3e tour, par vote, après avoir affiné les critères. »

Que retires-tu de cette expérience ?
« J’ai pu rencontrer d’autres jeunes d’âges différents. Ne pas parler la même langue n’était plus une frontière. J’ai aussi trouvé très chouette qu’il existe en Belgique des associations qui font avancer les droits des enfants, valables partout. Et puis, cela m’a donné l’occasion de toucher le monde des adultes dans lequel je vivrai plus tard ! »

(1) http://www.la-maison-source.be

Boite à outils

Unicef Belgique met gratuitement à la disposition des enseignants des ressources en éducation aux droits de l’enfant : fiches d’activités, jeux, affiches… http://www.unicef.be/enseignants (> Devenir Classe du Monde).

Balance tes droits ! Comprendre et débattre des droits de l’enfant en Fédération Wallonie-Bruxelles est une étude publiée par la Coordination des organisations non gouvernementales pour les droits de l’enfant (CODE). Rappel de l’origine de ces droits, focus sur la Convention et son contenu, état des droits de l’enfant chez nous, http://www.lacode.be (> nos publications), version imprimée sur demande via info@lacode.be.

D’abord des enfants ! est un diaporama sonore du photo-reporter Bertrand Vandeloise suivant des jeunes réfugiés dans des camps au Proche-Orient ou sur les routes de l’exil, accompagné de réactions recueillies auprès de trois classes bruxelloises. Disponible gratuitement (avec dossier pédagogique) auprès du Délégué général aux droits de l’enfant (02 / 223 36 99).

Comprendre la justice : Défense des enfants International Belgique et Jeunesse et Droit proposent à des classes du secondaire une approche du système de justice via des jeux de rôles, débats…. Un kit pédagogique est offert aux enseignants participants. Infos : 02 / 203 79 08 et julia.mirad@defensedesenfants.be.

Le dossier « École et droits de l’enfant » paru dans notre édition de septembre 2014 est disponible via http://www.enseignement.be/index.php?page=27203&id=1762.

Enseignement.be recense une série de pistes relatives aux droits humains et aux droits de l’enfant, sur la page http://www.enseignement.be/index.php?page=26793&navi=4035&rank_page=26793

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