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Magazine PROF n°52

 

Dossier L’apprentissage par les pairs

Témoignage - Équipes de coopération et espace de parole

Article publié le 10 / 12 / 2021.

À l’école communale J.J. Michel, à Saint-Gilles, les classes du niveau P5 et P6 travaillent en équipes de coopération de manière permanente. Les quatre enseignants nous en disent plus.

Angélique Callewaert et Julien Verset (P5), Tatiana Martinez et Sandra Haddan (P6) utilisent le travail en équipes de coopération de manière permanente.

Pour faire coopérer les élèves du niveau 10-12, les enseignants collaborent au quotidien.
Pour faire coopérer les élèves du niveau 10-12, les enseignants collaborent au quotidien.
© Julien Verset

PROF : Comment cela s’articule-t-il ?

Angélique Callewaert : Pendant deux ans, tous les nouveaux apprentissages passent par une découverte en équipes de coopération. Pour tous les cours, nous créons des groupes fixes de quatre élèves pour 15 jours. Chaque élève a un rôle qui lui est attribué : maitre du temps, secrétaire, animateur, rapporteur. Il a ainsi le temps de se spécialiser. Ensuite, on change les groupes et les rôles.

Pouvez-vous nous dresser les grandes étapes d’apprentissage en équipes de coopération ?

A.C. : Mes collègues et moi mettons en place ces grandes étapes d’apprentissage au sein de nos classes de 5e et 6e . Nous commençons par définir les équipes pour 15 jours, et nous fixons les rôles de chaque élève au sein de l’équipe. Les équipes sont mises en situation d’apprentissage avec des obstacles à surmonter.

La consigne et le matériel sont donnés au groupe et non individuellement. Les élèves doivent alors s’organiser et coopérer pour résoudre le problème posé. Cela amène le partage, le débat au sein du groupe. Les élèves travaillent avec le matériel donné et non individuellement dans leur cahier.

Le secrétaire, avec les autres élèves de l’équipe, prépare et rédige l’affiche qui servira à présenter le fruit de leur réflexion aux autres équipes.

Le rapporteur de chaque équipe prépare, grâce à cette affiche, ce qu’il va dire. Ensuite, présentation par le rapporteur à l’ensemble de la classe et mise en commun de la recherche, des résultats du travail de chaque équipe. Il s’agit d’un travail collectif.

La structuration et la fixation des résultats se font de manière collective ou individuelle. Vient le temps d’un travail individuel, chaque élève réalise des exercices de son côté. Ces exercices sont autocorrigés. L’apprentissage est évalué par l’enseignant, mais l’élève peut aussi s’autoévaluer grâce à une grille spécifique.

Notre rôle est essentiel car on crée les groupes selon les forces et faiblesses des élèves. Par exemple, un élève ayant des difficultés en géométrie sera intégré à un groupe où les autres élèves ont des facilités dans cette matière. L’enjeu est de mettre en valeur les forces de chacun pour pouvoir s’appuyer dessus au sein de l’équipe.

On présente toujours le travail coopératif comme positif dans les apprentissages cognitifs, mais il apporte également beaucoup dans les apprentissages des compétences comportementales et transversales. Je me souviens d’un élève qui avait du mal à entrer en contact avec les autres. Il aimait travailler seul, de manière très pointilleuse. Son défi était de travailler avec les autres.

Mon rôle en tant qu’enseignante a été de l’intégrer à une équipe lui correspondant. Une équipe carrée, mais festive qui a réussi à mettre en valeur ses compétences. Il a fini par trouver sa place au sein de la classe. Il a mis sa rigueur et son exigence au service du collectif.

Comment se passent la restructuration, la fixation des savoirs et l’évaluation ?

A.C. : Après le temps de découverte au sein de l’équipe, les élèves font de la restructuration des notions vues avec la classe et seul. C’est à ce moment-là que les élèves prennent leur cahier individuel, qu’ils notent le résultat de la recherche élaboré parfois de manière collective ou individuelle.

On fait en sorte de proposer aux élèves divers outils de synthèse. Certains préfèrent une synthèse classique, d’autres une carte mentale, d’autres un résumé en sketchnote. On apprend à apprendre. On les outille à trouver la méthode de structuration et de synthèse qui leur parle le plus. Puis un travail individuel est organisé de manière classique grâce à des exercices. Enfin, ils sont évalués et peuvent aussi s’autoévaluer. Ensuite, nous débattons du travail effectué en conseil de classe.

Le conseil de classe ?

A.C. : À côté du travail en équipes, les élèves participent au conseil de classe qui leur permet de s’exprimer à propos de la manière de travailler du groupe. C’est un conseil au sein de la classe et non le conseil de classe où les enseignants analysent et débattent du travail des élèves.

C’est le moment où l’on définit les responsabilités de chacun ; où l’on établit les règles de fonctionnement de la classe ; où l’on se remet en question quant à sa manière de travailler avec les autres, comment on peut s’améliorer, pourquoi cela n’a pas fonctionné. C’est un moment important quand on fait du travail en équipes de coopération. Les aspects relationnels sont réservés à l’espace de parole.

Des outils réalisés par les enseignants pour organiser le travail en équipes de coopération.
Des outils réalisés par les enseignants pour organiser le travail en équipes de coopération.
© PROF/FWB

Tout ce qui est mis en place permet à l’élève de ne plus être seul face aux obstacles (apprendre c’est dépasser un obstacle) et dans la manière de les dépasser : il a une équipe avec lui. Il n’a plus peur de se tromper.

Qu’est-ce que ce moment « espace de parole » ?

A.C. : L’espace de parole, lui, est un moment établi pour parler de ses émotions, des conflits possibles. Cet espace de parole se fait une fois par semaine. C’est un moment important qui permet de dégoupiller les conflits qui peuvent se passer tant en classe que dans la cour de récréation. Comment peut-on travailler positivement en équipes si des tensions, des conflits plombent le
travail ? On y parle de son ressenti sans citer le nom d’autres élèves, on parle en « je » et non en « tu ». On peut inviter des personnes externes à la classe. En travaillant en équipes, les élèves apprennent à orienter leur attention vers l’autre, à prendre en compte les émotions d’autrui, ainsi nous réduisons les problèmes de harcèlement.

Que diriez-vous aux enseignants qui souhaiteraient se lancer dans cette méthode ?

A.C. : Évidemment, travailler de cette manière nécessite de bien connaitre ses élèves, d’être formée sur la gestion des groupes et est chronophage en termes de préparation car cela ne s’improvise pas. Mais au fil du temps, nous constatons que nos élèves sont de plus en plus autonomes. Ils acquièrent les compétences transversales et comportementales qui leur seront utiles tout au long de leur vie.

Nous replaçons l’acte d’enseigner dans un tissu social. Nous sommes là pour articuler les savoirs déjà présents ; nous les poussons plus loin et nous les orchestrons grâce dialogue avec les pairs, avec les enseignants, avec le monde dans lequel l’élève évolue.

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