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Magazine PROF n°56

 

L'acteur 

Maitre de stage : une autre approche de la formation

Article publié le 05 / 12 / 2022.

Dans le qualifiant, la confrontation des élèves aux réalités du métier est possible grâce aux maitres de stage qui les accueillent au sein de leur entreprise. Rencontre avec l’un d’eux.

Dans une jolie rue uccloise se trouve l’atelier-boutique de Jérôme Grimonpon. Il y a 25 ans, le chocolatier français, après un CAP de pâtisserie à Tours en France, décide de se spécialiser dans le chocolat. Quitte à quitter sa région pour se former, autant se rendre dans le pays mondialement réputé pour son chocolat : la Belgique.

Depuis, Jérôme Grimonpon a posé ses bagages dans la capitale belge. Nombreuses fois médaillé pour ses pralines, il est élu, en 2020, Chocolatier de l’Année pour Bruxelles par le célèbre guide Gault & Millau. Rencontre avec le chocolatier qui donne de son temps et de son expertise pour la formation des jeunes.

J├ęr├┤me Grimonpon, un chocolatier qui donne de son temps et de son expertise pour la formation des jeunes.
J├ęr├┤me Grimonpon, un chocolatier qui donne de son temps et de son expertise pour la formation des jeunes.
© FWB/PROF

En tant que maitre de stage, quelles sont vos missions, obligations auprès des jeunes que vous accueillez ?

Ma mission fondamentale est d’apprendre le métier à l’apprenant. Pas seulement les gestes techniques, mais le fonctionnement d’une entreprise : la vente, la gestion et tous les aléas liés à la production. Souvent, les jeunes ont une image tronquée de la profession et j’essaie de leur montrer les réalités de celle-ci.

Comment recrutez-vous vos stagiaires ?

Je n’ai pas d’accord spécifique avec des écoles particulières ou des centres de formation. En fait, c’est au feeling. J’ai besoin de stagiaires, mais j’attends que la démarche vienne d’eux. À eux de se présenter, de montrer leur intérêt, qu’ils en veulent. Ce sont les premiers arrivés les premiers servis.

J’ai besoin d’eux, mais eux aussi ont besoin de moi pour apprendre, pour valider leur formation. Les démarches qu’ils effectuent prouvent déjà de leur motivation.

Quels sont vos rapports avec les écoles qui forment ces futurs artisans ?

Étant dans le secteur depuis plus de 20 ans, je connais beaucoup de monde tant au CERIA (campus bruxellois qui forme entre autres, aux métiers de bouche) qu’à l’EFP (centre de formation en alternance PME à Bruxelles) où j’ai été formateur. Je sais donc très bien ce qui se passe à l’intérieur de ces centres. Mes rapports sont bons car j’en connais les rouages, les attendus de chacun.

Quelles sont, selon vous, les conditions pour qu’un stage soit un bon stage ?

La première des conditions, des qualités, est d’avoir envie d’apprendre. Mais ce n’est, hélas, pas toujours le cas. Il faut aussi de la patience. Beaucoup de jeunes arrivent en stage avec l’idée de faire « comme à la télé ». Mais ils doivent réaliser qu’ils vont connaitre beaucoup d’échecs avant d’arriver à un résultat positif. Il faut vraiment accepter de vivre ces échecs, de se remettre en question tout le temps. Que c’est un travail où il faudra recommencer souvent pour arriver à quelque chose.

Quand ils arrivent, en général, ils ont les compétences techniques de base communes à tous les chocolatiers. Mais ce que j’attends d’eux c’est qu’ils apprennent et fassent ce que je veux et comment je le veux. Chaque artisan a ses demandes et ses exigences. Le stagiaire doit donc être capable de reproduire les gestes techniques, mais surtout d’accepter les remarques et de s’adapter à celles-ci.

En fait, il faut surtout des compétences dites soft skills : des compétences humaines, des qualités relationnelles, des savoirs comportementaux. Ce qui n’est pas le plus simple.

Participez-vous aux jurys de qualification et quel est votre rôle dans ceux-ci ?

Cela m’est arrivé, mais j’ai de moins en moins le temps. Mon rôle est de juger les réalisations sans connaitre les compétences des élèves, ni les élèves. Je juge donc au plus juste. Mon exigence est « Ce produit pourrait-il être vendu dans ma boutique ? » Et j’avoue être très exigeant.

Je trouve cela extrêmement important que ce jury soit composé de personnes externes à l’école. On est plus objectif et il n’y a pas d’affect qui rentre en ligne de compte. Car lorsqu'on est formateur, on sait ce que vaut l’apprenant. On sait, par exemple, qu’il est capable de mieux. On peut avoir noué des affinités particulières et dès lors, on est moins impartial.

Vous avez été formateur. Quelle est la différence entre votre fonction de formateur et celle de maitre de stage ?

C’est très différent. Quand on est formateur, notre mission est de faire acquérir les gestes du métier aux apprenants. À l’école, il y a aussi plus de flexibilité que dans les réalités du métier. Par exemple, à l’école, on demande que l’apprenant réalise une plaque de 20 pralines, un nombre x de ceci ou de cela. Ce n’est pas comme dans la réalité.

Le stage en entreprise est essentiel pour former ces jeunes. C’est le moment où on peut les conscientiser sur la réalité du métier.

Le maitre de stage, de par sa réalité financière, est moins flexible. Le maitre de stage inculque que tout a une valeur, un cout et ce que sont les réalités de la vie d’artisan.

De nombreux métiers de l’artisanat sont en pénurie de main d’œuvre. Comment l’école peut-elle agir pour susciter des vocations ?

Il faut valoriser les métiers dits manuels et ne plus les opposer aux métiers dits intellectuels. Arrêter la petite phrase « Si tu n’as pas de beaux points, si tu ne sais rien faire à l’école alors tu seras carreleur, maçon, boulanger… » C’est idiot car ce sont des métiers où il y a tellement d’opportunités. De la main d’œuvre qualifiée, on pleure après.

L’école doit rendre cela attrayant en arrêtant de dévaloriser ces formations. En montrant des exemples positifs et inspirants de personnes ayant réussi brillamment. Et cela existe dans tous les métiers.

L’école doit encourager les passions, pas les brimer.

Propos recueillis par Hedwige D'HOINE

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