logo infos coronavirus
logo infos Ukraine
logo du site Mon Espace
logo du pacte d'excellence
logo FAQ+
logo des annuaires scolaires
logo espace enseignant
logo des communiques de presse
logo du magazine PROF
 

Magazine PROF n°58

 

L'acteur 

Prix Éducation 2022 – Lola Van Belle

Article publié le 12 / 07 / 2023.

Lauréate 2022 du Prix Éducation dans la catégorie « travail de fin d’études », Lola Van Belle s’est intéressée au co-enseignement.

Lola Van Belle - Lauréate Prix Education 2022 .
Lola Van Belle - Lauréate Prix Education 2022 .
© FWB/PROF

Les Prix Éducation de l’Administration générale de l’Enseignement récompensent un mémoire et un TFE apportant une contribution pertinente et originale à l’étude des politiques éducatives et des pédagogies de l’enseignement obligatoire (ordinaire et/ou spécialisé), de l’enseignement supérieur ou de l’enseignement tout au long de la vie, en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Lola Van belle, récemment diplômée d'un bachelier institutrice primaire de la Haute École Mons, a entrepris cette année une spécialisation d’un an en orthopédagogique. Lauréate 2022 du prix du travail de fin d’études (TFE) en éducation, elle partage avec nous son expérience et le sujet de son TFE.

PROF : Quel était le titre de votre TFE ?

C'était Un enseignant, c'est bien, mais deux c'est mieux. Et donc posait la question : « Est-ce que le dispositif de co-enseignement pouvait permettre une différenciation pédagogique, pertinente ou pas, au sein d'une classe ? »

Pourquoi cette problématique ?

Lola Van Belle : J’ai des petits frères qui sont atteints de troubles d'apprentissage. Cela m'a toujours questionné parce que moi, j'ai eu un parcours scolaire très fluide, très « facile ». Quand j'ai été confrontée à la réalité de mes frères qui avaient vraiment des difficultés à l'école, cela m’a interpelée. J'ai toujours eu une attirance pour l'enseignement spécialisé, j'ai fait des camps avec des enfants porteurs de handicap, tout cela a nourri mon désir d’être une « source de changement ».

Quel est le contexte de ce prix ? Comment cela s’est-il passé ?

Ma marraine m'a envoyé l'information du concours qu’elle avait vu sur Facebook et sur Enseignement.be. Elle me l'a transmis en me disant : « Mais pourquoi tu ne testerais pas sachant que ton TFE porte sur quelque chose d'assez innovant, que l'on ne connait pas encore vraiment ? » Je me suis dit pourquoi pas, mais sans vraiment espérer quoi que ce soit. On candidate en respectant des consignes bien spécifiques. Puis on attend.

Par rapport au Prix Éducation, pourquoi avoir candidaté?

Dans mon idée, je n'avais pas envie de juste faire un TFE. « Je réussis mon année, j'ai mon diplôme et basta ». Je voulais justement faire un travail de fin d'année qui allait avoir du sens et qui allait pouvoir aider certaines personnes.

Je visais une certaine note pour qu’il soit publié à la bibliothèque de mon école. Pour moi, c'était déjà gratifiant. Je souhaitais que mon TFE aide les nouveaux étudiants qui se renseignent sur ce sujet, qui voudraient en apprendre plus, qui voudraient avoir des témoignages de quelqu'un qui l'a déjà testé.

Et donc ce concours m'a permis d'aller encore plus loin et finalement d'atteindre encore un public plus large. Faire glisser mon témoignage dans certaines oreilles et peut-être donner envie à certains de se lancer dans cette pratique. J’ai aussi créé un petit guide du co-enseignement et il est fort demandé.

Le co-enseignement, c’est quoi ? Comment l’avez-vous intégré lors de vos stages ?

Quand on pense co-enseignement, on imagine deux personnes au sein de la classe. On ne se rend pas forcément compte de toutes les modalités qu'il y a autour. J'ai d'abord dû expliquer à mes maitres de stage en quoi cela consistait. Qu’on allait d'abord devoir passer par une phase de co-planification. Qu’on allait devoir penser les séances à deux, répartir les rôles de chacun, faire attention aux besoins de chacun et donc à la différenciation qu'on allait mettre en place.

Les premières semaines, c'était un peu compliqué parce que cela demande des régulations.  Il est important de ne pas oublier la troisième phase qu’est la co-évaluation, quand on évalue vraiment le dispositif à deux.

Ce co-enseignement a été mis en place lors de deux stages : dans l’ordinaire et dans le spécialisé.  J'ai vraiment eu de la chance de tomber sur des maitres de stage qui étaient très ouverts. J'ai eu des échos d'étudiants qui ont testé le co-enseignement et qui sont tombés sur des maitres de stage parfois un peu réfractaires. C'est pour cela qu’une de mes conclusions est que ce dispositif fonctionne sur base volontaire et les co-enseignants doivent vraiment être compatibles.

L’an prochain, vous serez confrontée au milieu du travail. Comment allez-vous mettre en place, ou pas, le co-enseignement?

Cette année, j'ai fait mon stage pratique en orthopédagogie dans un pôle territorial. Je me dis que dans ce contexte, c'est pertinent de mettre en place du co-enseignement. Ce n'est pas forcément deux institutrices d'une même école ensemble, mais  cela peut être d'autres professionnels pédagogiques.

Pour moi, un travail de collaboration de cette manière serait très pertinent et pourrait fonctionner. Dans ce contexte d'inclusion des élèves de l'enseignement spécialisé vers l'enseignement ordinaire, c’est pertinent d'inviter des institutrices ou des instituteurs de l’enseignement spécialisé à collaborer avec des enseignants de l’ordinaire au sein d'une même classe. On peut avoir des professionnels différents comme une instit et un orthopédagogue, une instit et une logopède, etc.

C’est très enrichissant ce co-développement professionnel parce que cela apporte à chacun des nouvelles notions, des nouvelles pratiques. Et ça permet des réflexions autres que celles qu'on a l'habitude d'avoir.

Que diriez-vous aux étudiant-e-s terminant leurs études et qui peuvent candidater jusqu’au 21 septembre ?

J'avais décidé de passer le TFE au mois d'aout pour vraiment avoir le temps de le finaliser. J’ai vent de l’appel après l’avoir rédigé. Il est clair que la rédaction de celui-ci change si on sait que l’on va postuler au Prix Éducation de l’AGE. Mon TFE n'était pas du tout construit dans le but de participer au concours. Je crois que c'est aussi ce que le jury a aimé. Il était très naturel, très spontané. J'ai expliqué vraiment ma pratique, le positif et le négatif, car tout n’est pas toujours tout beau tout rose.

Sinon, pour revenir au Prix Éducation de l’AGE, c’est une expérience qui m’a offert de nombreux débouchés. Donc je pousse vraiment les étudiants à participer à ce prix. C’est valorisant à de nombreux points de vue.

Infos sur le co-enseignement, sur le TFE de Lola Van Belle ou sur son petit guide rédigé par Lola Van Belle ? lolavb0105@outlook.com 

Lire aussi Co-enseignement : « L’essayer, c’est l’adopter ! » paru dans votre magazine PROF de décembre 2021.

Propos recueillis par Hedwige D’HOINE

 

Moteur de recherche

La dernière édition

Toutes les éditions

Retrouvez toutes les éditions de PROF.

Tous les dossiers

Retrouvez également tous les dossiers de PROF regroupés en une seule page !