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Magazine PROF n°31

 

Dossier Rentrée 2016

Pacte pour un enseignement d'excellence.
Des décisions cet automne et un enjeu: susciter l'adhésion

Article publié le 01 / 09 / 2016.

Les travaux du Pacte pour un Enseignement d’excellence entrent dans une phase déterminante : définir des priorités, à partir de balises déjà fort précises sur certains aspects, comme l’autonomie des établissements.

Au début de l’été, les membres du Groupe central du Pacte pour un Enseignement d’excellence ont présenté leur deuxième avis (1). Comme on le lira en pages 12 et 13, il comporte des orientations déjà très précises, notamment sur la gouvernance du système éducatif, sur le rôle des directions, et sur la notion d’autonomie couplée à la responsabilisation, des enseignants d’une part, des établissements scolaires d’autre part.

Le Groupe central en a profité pour insister sur la dimension systémique du Pacte, chaque élément des réformes envisagées devant contribuer à la cohérence d’ensemble. Et pour appeler à une mobilisation générale…

1. Tous ensemble

Le deuxième avis du Groupe central (qui chapeaute les travaux entamés début 2015) souligne la dynamique de concertation entre les différents acteurs du monde éducatif : fédérations de pouvoirs organisateurs, représentants des organisations syndicales, organisations représentatives des parents et des associations de parents. Et il insiste sur le collectif : « Nous défendons fermement ces orientations, les perspectives nuancées qu'elles ouvrent sur des sujets complexes et les points d'équilibre que nous sommes arrivés à dégager au terme d'un long et patient travail collectif ».

2. Trois convictions

Un : il y a urgence à réformer notre système scolaire qui, malgré l’implication de ses acteurs, « produit des résultats largement insatisfaisants tant en termes d'efficacité que d'équité ». Une urgence à partager en impliquant « ceux que nous représentons, à savoir les enseignants, les parents, les pouvoirs organisateurs et les directeurs ». Le supplément annexé à ce magazine de rentrée, rédigé par l’équipe du Pacte au sein du Cabinet de la ministre de l’Éducation, souligne le caractère fondamentalement participatif de la démarche du Pacte qui se construit sur la base des analyses et des propositions des acteurs de l’enseignement. Partant de questions qui préoccupent largement les enseignants, il pointe les éléments de réponse qui émanent, à ce stade, des travaux du Pacte (sans reprendre l’ensemble des orientations du Pacte sur tous les sujets) et invite à participer au processus du Pacte d’ici la fin de l’année.

Cette implication ne sera possible que moyennant deux conditions, estime le Groupe central : il faut « rassurer chaque acteur du système sur son devenir individuel » et « communiquer adéquatement » sur les orientations adoptées par le Groupe central et approuvées par le Gouvernement. À cet égard, les premières sorties médiatiques (redoublement interdit, journée scolaire étendue, par exemple), lapidaires et sans nuances, n’ont pas aidé…

Deux : « les réformes à mettre en œuvre […] sont systémiques et donc complexes ». Si bien qu’« isoler une mesure par rapport aux autres est donc au mieux inopérant, au pire contre-productif ». Dans ce contexte, le Groupe central préconise deux types de mesures : « des réformes structurelles (touchant à l’organisation des parcours scolaires, aux savoirs et aux compétences enseignés, à l'organisation du qualifiant,...) » et des mesures visant à « mobiliser tous les acteurs […] dans un cadre épanouissant pour chacun alliant autonomie et responsabilisation ».

Trois : « les réformes devront s’inscrire dans la durée », avec « un suivi et un accompagnement adéquats et professionnels » des acteurs, qui ne peuvent absorber tous les changements en même temps.

3. Sur le fond

Une nouvelle gouvernance. Deux maitres-mots : autonomie et responsabilité. « Une telle logique de responsabilisation implique plus d'autonomie pour les acteurs, plus de soutiens dans l'exercice de leurs missions, mais aussi une dynamique collective plus forte autour d'objectifs précis et d'un pilotage renforcé au niveau de l'établissement ».

Un nouveau métier. « Le métier d'enseignant doit se concevoir sur la base d'un travail collectif et collaboratif ». Il doit être pensé dans sa « dynamique temporelle » (mieux soutenir les débutants, une carrière moins plane, une formation continuée renforcée, notamment). Et la charge de travail doit tenir compte du travail hors classe. Le Groupe central y insiste : « des plans de soutien, accompagnement, requalification et formation des enseignants devront être développés et mis en œuvre afin d'accompagner le changement ».

Un nouveau tronc commun. Le Groupe central « défend l'idée d'un nouveau tronc commun renforcé et profondément redéfini dans ses contenus et ses modalités ». Polytechnique et pluridisciplinaire « dès le départ », il doit envisager « de nouveaux grands domaines d'apprentissage, dont certains sont peu présents dans la formation actuelle, comme l'initiation à la littératie numérique, aux arts ou à la créativité, l’engagement et l'esprit d'entreprendre, etc ».

Une véritable stratégie contre le redoublement, contre l'exclusion et la relégation, qui doit intégrer « des outils de diagnostic précoce des difficultés d'apprentissage, un renforcement de l’évaluation continue et formative, et de la différenciation, ainsi que des remédiations plus systématiques ». Pour le Groupe central, « le taux de redoublement que nous connaissons […] n'est pas acceptable », et « rien ne justifie qu'il soit plus élevé que dans tous les autres pays européens ». Parce que « les inégalités scolaires commencent dès l'école maternelle », le Groupe central insiste sur « la qualité de l'enseignement et de l’encadrement dans l’enseignement maternel, que nous souhaiterions voir fréquenté par tous les enfants dès l'âge de 3 ans ».

Le qualifiant, filière d’excellence. Et pour y arriver, il s’agirait de « revoir l'organisation des parcours des élèves » pour plus de cohérence, mais aussi de « renforcer la gouvernance et le pilotage de cette filière de manière à y rendre l'offre de formation plus lisible et à assurer de meilleures transitions vers l'emploi ».

4. Rythme scolaire

En réplique aux sorties médiatiques sur le sujet, le Groupe central précise n’avoir pas « opté d'emblée pour un allongement de la journée scolaire ni du temps des vacances. Mais nous souhaitons clairement poursuivre l’analyse de la faisabilité d'une modification de l’organisation de la journée et de l'année scolaire ».

Didier CATTEAU

(1) http://www.pactedexcellence.be/index.php/documents-officiels/

Définir des priorités

À la fin de chaque chapitre, le deuxième avis du Groupe central, énumère les conditions nécessaires à la mise en œuvre de ses propositions et/ou les thèmes à approfondir. Des groupes de travail doivent s’atteler à cette tâche. Par ailleurs, le bureau de consultance Mc Kinsey a été chargé de chiffrer les couts/bénéfices des mesures envisagées.

Sur base de ces éléments, le Groupe central doit remettre cet automne un troisième avis, sur base duquel le Gouvernement établira une priorisation des mesures à mettre en œuvre. Ces arbitrages ne sont pas attendus avant fin 2016.

Ateliers pédagogiques

À partir de novembre, l’Institut de la Formation en cours de Carrière organisera de nouveaux « ateliers pédagogiques » à destination des personnels de l’enseignement désireux d’en savoir plus sur ce qui les attend, mais aussi de donner leur avis sur les orientations ambitieuses portées par le Groupe central.

Il s’agira de journées de formation (et non plus de demi-journées), réparties en Wallonie et à Bruxelles. Elles seront axées sur des thématiques : celles qui ont été les plus sollicitées par les participants aux ateliers pédagogiques de l’année dernière et/ou celles que les membres du Groupe central ont pointées comme essentielles lors de la communication de début juillet sur le deuxième avis rendu au Gouvernement.

http://www.ifc.cfwb.be

Chaque école devrait définir son plan de pilotage

En matière de gouvernance de notre système éducatif, le Groupe central a une vision déjà très précise : les objectifs généraux fixés par l’autorité centrale, la manière d’y arriver définie au sein des établissements scolaires.

Ce ne sont encore que des balises, et rien n’est décidé, mais le Groupe central du Pacte pour un Enseignement d’excellence consacre plus de trente pages de son deuxième avis (1) à dessiner les contours de ce que devrait être la nouvelle gouvernance du système éducatif en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette proposition est clairement axée sur concept-clé d’autonomie/responsabilisation, qui suppose de modifier les rapports entre pouvoir régulateur, pouvoirs organisateurs et établissements. Et qui nécessite selon le Groupe central une évolution « substantielle » de la fonction de directeur, et du métier d’enseignant.

On se limitera ici aux contours suggérés pour la gouvernance. Pour faire très bref, il revient à l’autorité centrale de définir les objectifs généraux (« autour des trois dimensions fondamentales que sont efficacité, efficience et équité »), mais c’est aux établissements scolaires qu’il conviendrait de définir la manière d’y arriver. L’avis consacre un important chapitre aux rôles dévolus, dans sa vision des choses, à l’autorité centrale, aux fédérations de pouvoirs organisateurs, aux pouvoirs organisateurs eux-mêmes, et aux établissements.

Indicateurs et contrats d’objectifs

Pour dessiner cette nouvelle architecture, le Groupe central s’appuie sur huit principes, dont ceux qui suivent. Il faut consacrer ou renforcer l’autonomie des acteurs. Deux : « l’autonomie n’a de sens qu’au regard d’une responsabilisation », qui suppose le passage d’une logique de moyens à une logique de résultats via des indicateurs et des contrats d’objectifs. Trois : il faut passer à « des modes de fonctionnement collectifs et participatifs qui doivent impliquer les enseignants dans le pilotage de l’école ». Quatre : il est nécessaire que les directions passent « d’une gestion administrative et multitâche de l’école à un leadership éducatif et pédagogique qui peut être distribué ». Bien entendu, pour permettre aux PO, aux établissements, aux directeurs et aux enseignants d’assumer les responsabilités qui sont les leurs, il faut du soutien et de l’accompagnement.

En matière de gouvernance, le Groupe central prône une contractualisation des rapports entre pouvoir régulateur d’une part, PO et établissement d’autre part. L’avis rendu public avant l’été énonce une série de principes sur base desquels articuler cette contractualisation.

Il y aurait au moins deux niveaux d’objectifs : « les objectifs généraux définis par l’autorité centrale pour l’ensemble du système scolaire et les objectifs spécifiques qui sont poursuivis par les divers PO/établissements et qui concourent logiquement à l’atteinte des objectifs généraux ». Ce qui ne doit pas empêcher l’autorité centrale de définir des objectifs propres à certains établissements « en fonction des contextes socioéconomiques et culturels des établissements comme en fonction des spécificités de certains types d’enseignement ».

Impliquer tout le personnel dans les plans de pilotage

Au centre du dispositif figure un plan de pilotage défini au sein de chaque établissement scolaire, pour six ans (avec évaluation intermédiaire à mi-parcours), et qui, dans une logique de responsabilisation, « doit viser à inscrire l’ensemble des écoles dans le cadre général défini par l’autorité politique ». Pour le Groupe central, il convient aussi de définir des modes de collaboration et de partenariat entre établissements d’une même zone géographique, au sein d’un réseau et entre réseaux.

Ce plan de pilotage contiendrait un rappel de la philosophie générale de l’établissement, les objectifs non chiffrés à l’échéance des trois et six ans, les stratégies que l’établissement se propose de mettre en œuvre afin d’atteindre ces objectifs, et une annexe portant sur le chiffrage des objectifs.

Tout l’art sera de faire en sorte que ce plan devienne réellement le « support de l’implication et de la responsabilisation de l’ensemble des personnels ». Pour le Groupe central, « des réunions régulières doivent se tenir au sein de l’école afin de discuter de sa mise en œuvre et d’orienter les efforts ».

Des « délégués aux contrats d’objectifs » seraient chargés de veiller à ce que les plans de pilotage contribuent effectivement aux objectifs généraux et d’évaluer leur degré de réalisation. Par contre, le soutien et l’accompagnement des établissements seraient assurés par les conseillers pédagogiques. Les premiers dépendraient de l’autorité centrale, les seconds des réseaux.

L’avis du Groupe central détaille déjà finement le processus d’évaluation du plan de pilotage, avec pour objectif « de responsabiliser et de motiver les équipes et de canaliser les efforts, non de stigmatiser qui que ce soit ». Avant de pointer « une série de conditions sine qua non de la mise en œuvre effective du dispositif de responsabilisation », le Groupe central évoque l’évolution du Service général d’Inspection, et le rôle des fédérations de pouvoirs organisateurs et des conseillers pédagogiques.

Bien entendu, ces changements, s’ils sont décidés par le Gouvernement cet automne, ne pourraient pas se concrétiser en un coup de cuiller à pot. Le Groupe central imagine une mise en œuvre par étapes, mais insiste sur la cohérence de l’ensemble de ses orientations.

Didier CATTEAU

(1) http://www.pactedexcellence.be/index.php/documents-officiels/

Panel citoyen

« En 2030, un enfant qui vient d’entrer en maternelle sortira de l’école. Que devrait-t-il savoir, quelles devraient être ses compétences pour s’insérer au mieux dans cette société ? Que devrait-on conserver, ajouter, renforcer, améliorer ou transformer dans le système actuel d’enseignement pour que l’école puisse relever les défis du 21siècle ? »

Ces questions ont été au cœur des réflexions et des débats d’un panel citoyen reflétant la diversité sociale et socioéconomique de la société. Animé par la Fondation Roi Baudouin dans le cadre des travaux du Pacte, ce panel a ainsi exprimé un avis qui n’était pas celui d’experts.

« Il n’y avait pas d’obligation de consensus et le texte final comporte d’ailleurs parfois des propositions qui reflètent des visions divergentes de l’enseignement ».

http://www.pactedexcellence.be (> Vos avis et contributions)