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Magazine PROF n°32

 


Dossier Maitrise de la langue d'enseignement

Silvia Lucchini : « En 25 ans, on n’a pas beaucoup avancé »

Article publié le 01 / 01 / 2017.

Silvia Lucchini enseigne à l’UCL la didactique du rançais langue étrangère. Pour cette spécialiste des langues de l’immigration, le système éducatif ne résout pas les difficultés de certains publics à apprendre le français.

PROF : Les résultats PISA des enfants de la deuxième génération ne sont pas meilleurs que ceux des primo-arrivants. Une explication ?
Silvia Lucchini :
Dirk Jacobs, Andrea Rea et d’autres (1) pointent trois facteurs : le niveau socio-économique, la langue parlée à la maison et le statut socio-économique de l’école. Avec un effet plus décisif pour le troisième. Le système n’arrive pas à compenser les différences initiales. Mais il reste une grande part de non expliqué par ces catégories qui devraient être affinées.

Par ailleurs, on sait que le fait de parler plusieurs langues précocement est plutôt un facteur favorable à la réussite scolaire. Mais les langues initialement parlées, quand elle ne sont pas écrites, subissent souvent une érosion par le français ou d’autres influences. Cela aboutit à des idiomes où les mots de différentes langues et les structures de phrase se mélangent. Ce phénomène touche aussi d’autres publics, comme les publics précarisés où l’on parle français, mais où les sollicitations pour apprendre la langue, le vocabulaire, la syntaxe sont moins nombreuses. La langue familiale cesse ainsi d’être/ ou ne devient pas une langue de référence, qui structure les nouvelles langues à apprendre.

À cela s’ajoutent les représentations de certains enseignants, convaincus que leur public ne sait pas et ne veut pas apprendre le français. Avec un effet Pygmalion sur certains élèves.

Faut-il enseigner la langue d’origine ?
Souvent, cela ne servira pas à améliorer l’apprentissage du français. Et quelle langue choisir ? Enseigner l’arabe classique à de jeunes Marocains, ce serait comme enseigner le français à des locuteurs wallons. Il faut se concentrer, depuis le maternel, sur une langue de référence bien construite : la langue d’enseignement.

Quelques pistes ?
Parmi d’autres, la mise en place d’ateliers de langage oral de la 2e maternelle à la 2e primaire sur le vocabulaire, la syntaxe, la phonologie et la conscience phonologique serait très bénéfique, comme le montre une expérimentation menée entre 1990 et 2004 (2). Si on fait cela, les enfants apprennent à lire et écrire sans grandes difficultés.

Tout cela a un cout. Et nécessite des décisions politiques qui vont au-delà des idéologies et des compromis. Je dis cela depuis 25 ans… Et c’est décourageant.

(1) Ils ont participé à trois études éditées par la Fondation Roi Baudouin, qui les présente dans Zoom sur l’enseignement en Belgique et les élèves issus de l’immigration, http://bit.ly/2fCkfn5
(2) LUCCHINI S., L’apprentissage de la lecture en langue seconde, EME, 2002.